La psychopathologie au cinéma : réalité ou fiction ?

La psychopathologie a toujours été très présente dans l’histoire du cinéma. D’innombrables films racontent des histoires de psychologues, de psychiatres et surtout de personnes souffrant de troubles mentaux. Même lorsque le fil conducteur n’est pas la psychopathologie, la science de la psychologie est présente dans chaque personnage que nous voyons à l’écran.

Les représentations cinématographiques des troubles psychologiques, des symptômes qui leur sont associés ou de la relation entre le patient et le spécialiste ne sont pas toujours fidèles à la réalité. Parfois, la recherche de l’élément de surprise, qui donne au film cette note de mystère, conduit les scénaristes, les réalisateurs et les acteurs à s’écarter des bases de la science en montrant une image déformée.

La psychopathologie au cinéma : des divergences pour obtenir l’effet de surprise

Il est souvent nécessaire de compliquer un peu les choses pour étonner un public qui, le plus souvent, va au cinéma à la recherche de sensations plutôt que d’informations. Cependant, il existe des divergences concernant trois aspects principaux :

Dans certains cas, en outre, le besoin de rechercher le drame et de se concentrer sur les sentiments prévaut. Peut-être pour rappeler au spectateur qu’il regarde un film, une représentation et non la réalité. Il faut cependant dire que l’on peut aussi apprendre de nombreux films, car ils offrent une documentation véridique de la réalité.

La psychopathologie au cinéma : 3 titres intéressants

Quelque chose a changé

Something has changed est un film de 1997, réalisé par James L. Brooks. Il aborde le thème du trouble obsessionnel-compulsif, mais pèche en voulant exagérer la symptomatologie du trouble avec la personnalité du protagoniste.

Le caractère colérique de Melvin peut suggérer l’idée fausse selon laquelle les personnes souffrant de TOC présentent les mêmes caractéristiques que ce personnage. En réalité, nous devons isoler les traits désagréables des symptômes du trouble, tels que les rituels de nettoyage rigides, l’obsession de la symétrie et la répétition maniaque que le film dépeint.

Depuis la sortie de ce film, de nombreux spectateurs ont associé les TOC à des personnes désagréables et de mauvaise humeur, mais ils ont aussi acquis la conviction que, grâce à l’amour et à l’amitié, les symptômes peuvent s’atténuer, voire disparaître complètement. Il est clair que cela relève des licences de copieur mentionnées précédemment, mais la première idée n’est pas vraie, et encore moins la seconde.

L’aviateur

Le film The Aviator de Martin Scorsese relate une partie de la vie de l’entrepreneur et producteur millionnaire Howard Hughes, interprété par Leonardo Di Caprio.

Du point de vue de la psychopathologie, ce film montre de manière véridique le développement et l’évolution des troubles obsessionnels compulsifs. Elle commence par une enfance marquée par la peur de la mère de voir son fils tomber malade, puis se poursuit par une adolescence pleine d’excentricités et de manies, et enfin par une vie adulte marquée par des obsessions et des compulsions.

Dans le film, nous pouvons clairement constater la terreur des microbes qui hante Howard Hughes. Il porte son savon sur lui en permanence et se lave compulsivement les mains jusqu’au sang pour éviter de contracter une quelconque maladie.

À l’époque des événements relatés, les troubles obsessionnels compulsifs n’étaient pas encore définis, c’est pourquoi le protagoniste ne reçoit pas le traitement nécessaire. Cependant, la symptomatologie et la souffrance qui en résulte (brillamment rendue dans le film) indiquent que le protagoniste en souffre presque certainement.

Memento

Avant de parler de ce film de Christopher Nolan, il faut connaître ce que l’on entend par amnésie antérograde. Contrairement à l’amnésie rétrograde, qui consiste à oublier des choses passées, cette affection se caractérise par l’incapacité d’apprendre et de mémoriser de nouveaux concepts.

La personne atteinte d’amnésie antérograde oublie les choses au moment où elles se produisent, car elle est incapable de stocker l’information dans la mémoire à long terme. Il ne se souvient de rien car il vit dans un état de désorientation spatio-temporelle. Il se retrouve toujours au même endroit.

Sans dévoiler trop de détails sur le film et sa structure narrative, on peut dire que Memento reflète assez fidèlement l’anxiété et les caractéristiques des personnes souffrant de ce trouble de la mémoire.

Nous découvrons le système créé par le protagoniste avec des notes, des photos et des tatouages pour tenter de déchiffrer l’énigme autour de laquelle tourne le film. La stratégie adoptée n’est pas de se souvenir, mais de confirmer qu’il sait ce qui lui arrive. L’objectif du réalisateur est d’inviter le spectateur à éprouver de l’empathie pour le protagoniste et sa confusion consciente, et il semble y parvenir.

Memento ne reflète peut-être pas parfaitement l’amnésie antérograde, mais il parvient à maintenir le public dans un état d’incertitude et de perplexité propre au protagoniste.

Le cinéma, au-delà du simple divertissement, est une porte ouverte sur la connaissance, la réflexion et l’empathie à travers ses histoires et ses personnages. Se nourrir de l’expérience des autres, même si c’est par le biais de la fiction, est à la portée de tous. Si, par contre, vous souhaitez vous plonger dans le monde de la psychopathologie, l’idéal est de consulter des textes spécifiques et des spécialistes du domaine.

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