Joker, le film sorti en salles en 2019 a réalisé plus de recettes que The Dark Knight : Le chevalier noir sorti en 2008. Le point commun entre ces 2 longs-métrages est qu’en plus de s’inspirer de l’univers de l’homme chauve-souris, ils ont tous les 2 dépassés le milliard au box-office. Malgré son succès cinématographique, l’œuvre de fiction consacrée à l’ennemi emblématique de Batman a fait couler beaucoup d’encre. Pour quelle raison la superproduction a-t-elle eu autant de critiques ?

Synopsis du Joker de 2019

Joker, le film qui étoffe l’univers DC Comics parvient à atteindre la première place au box-office américain. Il a reçu le Lion d’or au cours de l’événement cinématographique Mostra de Venise. Ce succès incontestable n’a pas empêché de susciter plusieurs polémiques lors de la sortie de Joker au cinéma. Le personnage principal interprété par Joaquin Phoenix est un habitant de Gotham City psychopathe et pauvre.

En suivant l’histoire d’Arthur Fleck alias Joker, l’humoriste raté et méprisé par toute la communauté travaille comme homme-sandwich pour subvenir à ses besoins. Un jour, il se fait agresser en pleine rue pendant son travail. Cette mésaventure est le début d’une série de malchances qui fait sombrer Arthur vers la folie. Avide de vengeance, le spectateur suit la transformation de cet antihéros jusqu’à ce qu’il devienne l’un des personnages les plus connus de la culture populaire.
En suivant son quotidien, les spectateurs découvrent les différentes étapes qui le poussent à sombrer progressivement dans sa folie. Le marginal finit par craquer après plusieurs années de souffrance et maltraitance. Si la vidéo a connu un grand succès durant sa projection lors de la Mostra de Venise, les critiques du long-métrage sont plus nuancées à sa sortie en cinéma.

En quoi Joker est-il un film qui dérange ?

Joker est une œuvre sombre, en dehors de la sphère cinématographique, les familles de victimes des tirs de masse s’insurgent par la cruauté de certaines scènes. La polémique à la sortie en salles a également divisé les téléspectateurs. On remarque cette scission dans les commentaires, si certains considèrent le joker comme un chef-d’œuvre cinématographique, d’autres déplorent le scandale. La trame narrative de l’œuvre du réalisateur Todd Phillips est décriée par la critique surtout compte tenu de la situation en Amérique. Pour mieux comprendre la partie dérangeante de ce long-métrage, sachez qu’il fait l’éloge d’une personne en proie à une violence extrêmement cruelle pour se venger d’une société qui le rejette. Diffuser ce genre de film dans un pays souvent en proie à une tuerie de masse est assez difficile à concevoir.

En suivant l’histoire de Fleck, le réalisateur nous invite à compatir avec les pulsions d’un sociopathe. La déchéance de l’acteur raté qui vit encore avec sa mère, ses crises de rire qui interviennent au mauvais moment, les agressions, son enfance tragique et les harcèlements dont il a été victime à maintes reprises sont autant de raisons qui ont incité l’antihéros à sombrer dans la démence. Tous ces éléments suffisent-elles pour commettre des meurtres ?

La grande polémique du long-métrage se résume au fait qu’il est déconcertant de raconter l’histoire d’un homme blanc qui commet des meurtres. Le pire est que le message consiste à l’excuser ou comprendre la psychologie qui le pousse à passer à l’acte. Bien que la réalisation soit un pur chef-d’œuvre, c’est le message qu’il diffuse qui est considéré comme très dangereux. En effet, le film peut ne pas convenir à des téléspectateurs américains énervés et aliénés. En lisant les faits divers, il est difficile d’avoir de l’empathie pour des meurtriers comme Elliot Rodger, Dylann Roof et Faisal Hussain pour ne citer qu’eux. Or, dans le film Joker, l’œuvre de fiction incite le spectateur à « pardonner » un tueur qui commet des atrocités inexcusables parce que la société l’a façonné ainsi.

Les origines du joker : un mélange d’empathie et d’effroi

Tourner un film basé sur le plus grand ennemi de Batman n’est pas toujours facile. Les bandes-annonces annonçaient déjà la couleur. À la sortie en salles, les spectateurs ont été perplexes sur le message transmis. Le scénario relatant les origines du joker est à la fois audacieux, surprenant, déroutant, radical et surtout provocant. Tout au long de l’œuvre produite par Warner Bros Pictures, il n’est pas évident de rester impassible en regardant un film aussi affirmé. Les avis de certains critiques reprochent une lourdeur psychologique ainsi qu’un manque de subtilité scénaristique.

Le long-métrage décrié par la critique remplace les scènes spectaculaires riches en effets spéciaux des films de super-héros récents. Le réalisateur opte pour une mise en avant de l’histoire des origines de l’antihéros. Tout au long de l’histoire, on peut croiser des personnages récurrents de l’univers DC Comics. Les fans de l’homme chauve-souris seront surpris de découvrir Bruce Wayne enfant et ses parents. L’histoire originale est l’occasion d’introduire de nouveaux personnages. C’est le cas de Murray Franklin un présentateur de talk-show adulé du public dont le rôle est attribué à Robert de Niro. Comme l’indique son nom, l’œuvre de fiction ne se focalise pas sur le protecteur de Gotham, mais sur la métamorphose d’Arthur Fleck en Joker.

Suivez les aventures du joker à travers une histoire originale

Même si on peut assister brièvement au décès des parents de Bruce Wayne, le réalisateur Todd Phillips profite de ce film pour s’intéresser aux origines du Joker. Mélange de comédie et de tragédie, l’œuvre cinématographique est considérée comme un drame réaliste, noir, avec des scènes presque intégralement tournées de nuit. La grande majorité du film est centrée sur la personnalité psychotique d’Arthur Fleck.

Ce n’est qu’au dernier quart du film que la personnalité déconcertante de l’antihéros atteint son paroxysme. La société qui a créé le joker en faisant de lui un bouc émissaire finit par inspirer de nombreux habitants de Gotham City. Cette adulation du public s’explique par le mélange dérangeant d’effroi et d’empathie que dégage le personnage. Même si la transformation met du temps à se produire, les spectateurs le ressentent comme une libération.

Joaquim Phoénix méconnaissable dans Joker

L’acteur principal du film Joker a dû faire de nombreux efforts pour pouvoir endosser le rôle de ce personnage de fiction. Pour coller aux physiques de cet antihéros, Joaquim Phoenix a dû perdre délibérément du poids en devenant maigre à un stade maladif. Pour que le spectateur ressente de l’empathie avec Fleck, Joaquim a dû faire en sorte que son visage et son corps ressemblent à un martyr supplicié. Les performances de l’acteur américain parviennent à faire ressentir la dualité du dangereux psychopathe.

Entre les larmes et les fous rires incontrôlés, il incarne avec brio la fragilité, l’instabilité et le caractère autodestructeur du Joker. Arthur Fleck est considéré comme le symbole des pauvres, des losers, des opprimés et des laissés-pour-compte. On peut dire que sa destinée est déjà toute tracée dès la naissance. Quand on lui a choisi comme nom Fleck qui signifie « tâche » en allemand.

L’histoire se déroule en 1980. On y découvre très peu de références sur le début de l’ère Reagan. On peut toutefois constater les télévisions qui diffusent des émissions en noir et blanc qui permettent de prouver l’ancienneté de la situation. En étudiant le scénario, réalise que le joker s’apparente à un messie sombre, un antihéros symbolant la lutte des classes. Ces actes provoquent une insurrection globale se traduisant par le soulèvement du peuple face aux nantis et aux élites de la société. Pour faire une rapide comparaison avec des symboles de l’époque moderne, le joker peut être considéré comme un anonymous ainsi qu’un précurseur des gilets jaunes.